Après moult rumeurs et peut-être une accélération de
développement dans l'optique de couper l'herbe sous le pied d'une
arrivée-hyptothétique-finalement-non-confirmée de Apple (iWatch ?) sur
le marché de la montre connectée, Samsung s'est enfin lancé dans ce
marché balbutiant avec une Galaxy Gear lancée en grandes pompes.
Soit une montre à écran tactile, connectivité Bluetooth à un smartphone orné d'un jeu d'applications via le Google Play Store.
L'écran tactile en couleur de 1,63 pouce est de technologie AMOLED,
comme sur les smartphones de la marque coréenne. Il affiche une
définition de 320 x 320 pixels.
À l'intérieur de cette « montre », on trouve une puce mobile mono-cœur
cadencée à 800 MHz et accompagnée d'une mémoire vive de 512 Mo et d'une
capacité de stockage, non extensible, de 4 Go. Non autonome, la Galaxy
Gear doit être connectée en Bluetooth à un smartphone Samsung Galaxy et
l'interaction s'effectue en grande partie via l'application Gear Manager
(téléchargeable sur le Google Play Store). Au lancement, la montre
n'était compatible qu'avec le seul Galaxy Note 3. En quelques jours,
Samsung a étendu la compatibilité aux Galaxy S4, Galaxy S3 et Galaxy
Note 2 via mise à jour et devrait poursuivre cette expansion à d'autres
produits de la marque.
Dans le bracelet, on trouve un capteur photo-vidéo de 1,9 Mpx ainsi que le haut-parleur, fiché dans l'accroche.
La montre connectée Samsung Galaxy Gear est commercialisée au tarif
indicatif de 299 euros. À noter qu'il existe des offres de
remboursement, sur la montre seule ou en pack avec le Galaxy Note 3.
Un peu de style industriel au poignet
Il existe un monde entre le style de la Galaxy Gear sur des visuels et
son look une fois au poignet. Avant de pouvoir la manipuler, notre avis
sur son allure tendait vers le négatif. En situation, il est plus
mesuré. Le style industriel, avec le métal brossé et les vis apparentes,
fait son petit effet et le bracelet ne fait pas toc.
Il existe 7 points d'accroche pour modifier la taille du bracelet. La manipulation est très simple et l'accroche est sûre.
On regrette l'impossibilité de changer le bracelet, la raison principale
étant bien entendu la présence, à l'intérieur, du capteur photo-vidéo
et du haut-parleur.
Autre point vraiment énervant, la recharge : la Galaxy Gear ne possède
pas d'entrée micro-USB pour la recharge filaire ou de système sans fil
par induction. Il s'agit plutôt d'une recharge filaire « hybride »
puisqu'elle repose sur cinq connecteurs « pin » au dos du cadran et sur
un accessoire (une sorte de dock) qui vient englober ledit cadran de la
montre et qui possède, lui, un port micro-USB. Un système qui incarne
l'anti-ergonomie au possible puisqu'il impose d'emporter avec soi,
constamment, ce fameux accessoire pour circonvenir toute crise
d'autonomie.
Un accéléromètre foufou
Les réglages de l'accéléromètre nous semblent particulièrement ratés.
Premier constat, celui-ci n'est pas assez sensible lorsqu'il s'agit
d'allumer l'écran avec un mouvement du poignet. Ce dernier doit être
tout sauf naturel, largement amplifié, pour que l'utilisateur soit sûr à
100% de sortir l'écran de sa veille sans toucher au bouton latéral. Un
petit coup d'œil rapide sur l'heure ou les notifications en tournant
naturellement et subrepticement le poignet n'est pas possible, en somme.
Autre déraillement de l'accéléromètre : la gestion du podomètre. Basé
sur les mouvements de la montre pour interpréter les déplacements de
l'utilisateur, il affiche la plupart du temps des résultats
« abracadabrantesques ». Un déplacement de moins de 3 km avec 70% de
métro nous donne ainsi 5,1 km parcourus à pied. Belle prouesse. Mieux,
lors de notre salon Factory, où les distances n'étaient pas
faramineuses, la montre nous a indiqué plus de 10 km crapahutés entre
les stands en moins de 4h...
Univers applicatif famélique
Avec la Galaxy Gear viennent des applications, que l'on peut télécharger
depuis le smartphone associé via l'application Gear Manager. Cette
dernière permet également de paramétrer les accès des applications
tierces, comme l'envoi de notifications pour l'application Twitter, ou
l'envoi direct des photos prises par la montre dans le smartphone.
Chaque application téléchargée dans Gear Manager se retrouve
automatiquement dans la montre. L'interaction est excellente en termes
de réactivité et de simplicité, mais malheureusement, il faut compter
sur un nombre famélique d'applications et sur une poignée de fonctions
intéressantes en fin de compte.

Par ailleurs, la profondeur des applis est limitée. Pour Facebook,
seules les notifications sont visibles, pour interagir plus avant,
l'application classique se lance sur le smartphone. Pour Twitter, il est
possible de voir son flux et de retweeter, mais pour répondre, il faut
aussi passer par le smartphone. Dommage car la présence de SVoice,
l'assistant vocal made in Samsung, dans la Galaxy Gear, pourrait donner
lieu à une saisie vocale.
Téléphoner : la renaissance de K2000
Vous avez toujours voulu vous prendre pour Michael Knight qui appelle
KITT avec sa montre dans K2000 ? Vous serez comblés avec la Galaxy Gear.
On passe un appel en demandant à SVoice ou en composant un numéro sur le
cadran tactile. Il est aussi possible de prendre des appels. Le tout se
fait bien entendu depuis le smartphone, pas en autonomie totale.
On ne peut connecter d'oreillette Bluetooth en "appairage parallèle", il
faut donc parler à sa montre. Le haut-parleur crache suffisamment pour
que l'on entende l'interlocuteur, mais impossible d'être discret, vous
en ferez profiter tout votre entourage. Pour la parlotte, il faut
veiller à s'éloigner de 20 bons centimètres de l'écran pour ne pas
briser le tympan de l'interlocuteur. Le tout passe encore pour un appel
ultra-rapide, mais une longue conversation martyrise le bras.
Une autonomie qui ne fait pas le tour du cadran
C'était déjà la grosse inquiétude face à ce produit lors de sa
présentation et elle fait plus que se confirmer sur le terrain. Annoncée
à 25 h (batterie de 315 mAh) après une charge complète, l'autonomie de
la Galaxy Gear oscille entre une journée et moins d'une matinée en usage
ultra-basique avec très peu de notifications ou d'usage annexe et moins
de 10 h avec un usage, disons, normal.
Une quarantaine de notifications Twitter et Facebook, quelques photos
prises avec le capteur du bracelet, deux appels vocaux de moins de deux
minutes chacun et voici la Galaxy Gear qui expire peu avant 20 h (mise
en route à 10 h le matin même).